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l'Education Nationale dans la rue : une action bassement politiciennepar Jean-Yves SABATIER, le 13/05/08
L’Education Nationale dans la rue le 15 mai 2008 : Une action politicienne pour masquer l’hostilité à toutes réformes ! L’objectif de cette action est très clair puisque, comme l’a écrit l'organisation syndicale SE-UNSA dans son communiqué de presse, il s’agit de : « Dire stop au gouvernement ». Une fois encore, les syndicats ne mènent donc pas la lutte au nom des intérêts des familles et des élèves, mais bien pour affaiblir politiquement un exécutif dont ils contestent le droit d’appliquer les engagements pour lesquels celui-ci a été démocratiquement élu. Il suffit de lire la lettre d’actualités du SNUipp 06 en date du mardi 22 avril pour s’en convaincre. En vrac, sont dénoncés : la suppression de postes, la mise en place des stages de remise à niveau dans les écoles, les nouveaux programmes jugés « réactionnaires, le salaire au mérite, la mise en concurrence des établissements, etc. Et le SNUipp 06 de déclarer sur cette parution : « le service public est notre richesse, mobilisons nous ! ». Sur ce point et avec un peu d’humour, les libéraux que nous sommes sont presque d’accord. La nuance est toutefois de taille, puisque nous ne considérons pas le service public comme une « richesse », mais plutôt comme un luxe de riches ! En effet, au regard des coûts de l’Education Nationale, ce n’est pas de fonction publique qu’il s’agit…mais bel et bien de ponction publique ! Ce ministère représente aujourd’hui 22 % du budget de l’Etat français, soit 120 milliards d’euros en 2007, soit le premier budget de France. On peut même lire sur le site officiel du ministère (http:/media.education.gouv.fr), que ce budget est en hausse continuelle (+1,32% en 2007) et qu’il a d’ailleurs été multiplié par 1,8 depuis 1980. Il faut savoir qu’un lycéen coûte en moyenne 10 140 euros par an. Noyées dans la masse des prélèvements obligatoires, ces dépenses passent inaperçues et les Français vivent dans le mythe d’une éducation « gratuite », généreusement dispensée par un Etat altruiste. Où passe cet argent ? Avec un taux d’illettrisme de 9 % dans notre pays (contre 8 % à la fin du 19ème siècle), une montée de la violence dans les établissements et une détérioration générale du climat scolaire, on peut se poser la question à juste titre ! La réponse est bien évidemment à chercher du côté d’une gestion exécrable des deniers publics, qui privilégie le corporatisme au détriment des résultats, refuse toute notion de concurrence et voue aux pires gémonies l’idée que l’éducation puisse être rentable. Les arguments avancés par les syndicats pour justifier le mouvement de grève du 15 mai sont par conséquent aussi partisans qu’injustifiés : 1) Dénoncer la diminution des postes dans l’Education Nationale participe d’une hypocrisie absolue. Tout d’abord, il faut savoir que si Xavier Darcos évoque la suppression de 11 200 postes, c’est parce que l’Education Nationale représente à elle seule la moitié des effectifs de la fonction publique. De plus, non seulement la réduction annoncée concerne essentiellement des postes dans le secondaire (qui perd cette année 25 000 élèves), mais le nombre moyen d’élèves par enseignants en France est un des plus faibles au monde : 12,1 dans notre pays contre 15,8 aux Pays-Bas, 15,5 aux USA ou 15,1 en Allemagne, pays qui ne sont pas réputés pour posséder un système éducatif sous-développé. Dans le même temps, on se souviendra d’un rapport de Le cas des personnels mis « à disposition » des syndicats est évidemment un lièvre que nul ne veut soulever au sein de l’Education Nationale. Pourtant, ces milliers de personnels détachés à temps partiel ou à temps plein dans une organisation syndicale sont payés par leur administration d’origine, poursuivent une carrière professionnelle normale (en termes d’avancement), et le tout au frais du contribuable qui se trouve lui pénalisé chaque fois que ses enfants se retrouvent privés d’école les jours de grèves. 2) La critique des stages de remise à niveau et des nouveaux programmes jugés « réactionnaires » démontre pour sa part le refus de remise en question d’un système éducatif en faillite. En effet, quand le Ministre veut renforcer l’apprentissage de « fondamentaux » comme le français ou met en place des « remises à niveau » pour les élèves en difficulté, c’est pour lutter contre la progression de l’illettrisme et pour permettre une éducation de meilleure qualité. En quoi est ce « réactionnaire » de vouloir que chaque petit français maitrise au mieux sa propre langue ? 3) Quant aux arguments visant à dénoncer le salaire au mérite ou la mise en concurrence des établissements scolaires, on retrouve là la vision obscurantiste et immobiliste d’un « système à la française » persuadé de sa supériorité, malgré ses échecs successifs et malgré que la plupart des autres pays développés aient choisis de réformer leur façon d’appréhender l’éducation. Si l’école ne s’adapte pas au monde moderne et à ses exigences, c’est notamment parce qu’elle est en situation de monopole, lequel est accentué par une carte scolaire certes assouplie mais encore omniprésente. Les établissements ne sont pas libres de choisir leurs programmes, leurs financements, leurs professeurs et leurs élèves. Mis en concurrence, les établissements les plus mal réputés se verraient obligés - confrontés à la fuite de leurs effectifs - de fournir une éducation au niveau de l’attente des élèves et des parents, et ce dans le respect des spécificités de chaque école, collège ou lycée. Et l’Etat, au lieu de financer indifféremment chaque établissement offrirait des "chèques éducation" aux élèves, ce qui garantirait l’éducation pour tous mais conduirait à ce que ce soit l’élève qui finance lui-même l’établissement dans lequel il s’inscrit. Chaque école, dans une course à l’excellence, aurait ainsi à cœur d’être la meilleure afin d’attirer le plus d’élèves et donc de financements.
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