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Tout individu amoureux de la liberté est aujourd’hui prisonnier d’une intolérable forme de dictature sociétale : l’obligation qui lui est faite de résider sur un territoire régi par un gouvernement dont l’organisation lui échappe et qu’il ne peut échanger contre une autre forme de vie collective. En effet, dans notre pays, chaque parcelle de terre dépendant d’une commune et chaque commune faisant partie de l’Etat, il n’existe aucune terre " vierge " de la tutelle publique. Considérant de plus l’omniprésence de l’administration dans chaque décision prise et chaque action mise en œuvre dans notre société, le citoyen français peut légitimement considérer qu’il ne possède quasiment aucun moyen ou recours pour agir sur son espace territorial. C’est pourquoi il faut réclamer dès à présent et au nom de la plus élémentaire des libertés que soient créées des " villes privées ", à l’instar de celles qui existent déjà dans certains pays comme les Etats-Unis, l’Australie ou le Canada. Dans ces cités, regroupées sous le terme anglophone de Common Interest Developments, il s’agit de remplacer l’arbitraire étatique par la liberté contractuelle. A l’intérieur d’une ville privée, le passage aux urnes n’existe plus et on supprime tous les inconvénients liés à l’existence d’hommes politiques souvent plus préoccupés de faire carrière que d’œuvrer au bien commun. Les règles de fonctionnement de la ville sont alors librement choisies, à la majorité absolue ou à la majorité qualifiée, par l’ensemble des habitants-copropriétaires et avec des clauses modifiables à volonté. Ainsi, le citoyen de la ville privée est entièrement maître de son mode de vie et ne subit pas, par exemple, les caprices électoraux d’un édile soucieux de sa réélection ou les aberrations urbanistiques d’un énième " machin " administratif kafkaïen. Si une décision de la ville nuit à un de ses propriétaires, celui-ci peut s’y opposer et obtenir une compensation par la communauté, ce qui n’est pas le cas dans une ville " conventionnelle". La ville privée peut également gérer sa police, son système éducatif, son service de santé, ses transports, etc Le citoyen est alors entièrement responsabilisé et s’il fait un choix qui est mauvais pour la cité, il diminue la valeur de son bien. Comme les habitants de la ville privée utilisent peu ou pas les services publics existants et qu’ils payent directement auprès d’une association de propriétaires les prestations de vie en collectivité (ramassage des ordures, services de sécurité, construction et maintenance des équipements de loisirs, etc), il doivent fort logiquement bénéficier d’un traitement fiscal dérogatoire. Aux Etats-Unis, c’est en 1928 qu’a été créée la première de ces villes dont le destin n’est plus imposé par un Etat mais librement déterminé par ses habitants. A présent, alors que 12 % de la population américaine (soit 30 millions de personnes), a adopté cette véritable révolution comportementale, on comptabilise l’émergence de 5000 nouvelles entités urbaines par an. D’ici 2010, 50 millions de résidents devraient être installés dans quelques 225 000 villes privées et, contrairement au procès d’intention qui leur est fait, ce ne sont pas des " camps retranchés pour privilégiés " puisque les classes moyennes sont de plus en plus nombreuses a y avoir accès. On peut citer par exemple Celebration en Floride, développée par la Walt Disney Company, qui possède son campus, ses écoles, son centre médical, ses commerces et ses banques. La ville de Lakewood, en Californie, a été privatisée il y a une cinquantaine d’années. Cette dernière met en place sa politique locale, son budget et la planification de ses activités mais tous les services fournis aux habitants sont assurés au travers de contrats établis avec des compagnies privées. Quant à Westwood, qui compte 65 000 personnes, elle possède un budget annuel de 100 millions de dollars pour seulement trois employés municipaux ! Toutes ces villes démontrent qu’il existe une autre façon de gérer le destin d’une communauté et qu’à la gouvernance publique on peut préférer le recours à des services privés choisis et non imposés par un pouvoir plus ou moins légitime. En France, le chemin est encore long avant que nous puissions enfin avoir la possibilité d’abandonner le modèle unique de la commune publique, même si certains promoteurs hexagonaux commencent à développer un concept similaire (ex : au sud de Bergerac, en Aquitaine). Cependant, ces tentatives " à la française " de villes privées seront bridées tant qu’elles ne pourront obtenir un légitime " droit de sécession " administratif et qu’elles demeureront soumises au principe égalitaire en cours sur l’ensemble du territoire.
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